L’Allemagne, au cœur de l’histoire de Metz

Cultur'all • 6 avril 2016
Porte des Allemands Samedi en 8 Metz La Porte des Allemands, symbole de la force militaire de Metz lors du siège de 1552

Au-delà des souvenirs de l’occupation des plus anciens d’entre nous, au-delà de l’impressionnante architecture germanique de « la nouvelle ville », témoin de la première annexion, connaissez-vous la lointaine origine des liens qui unissent Metz et l’Allemagne ?

 

Saviez-vous qu’au Moyen Âge, Metz faisait partie de l’Empire germanique ? Pour comprendre, je vous propose de remonter au temps de Charlemagne. En 843 au traité de Verdun, les petits fils de Charlemagne se partagent le vaste empire de leur aïeul. Louis le Germanique reçoit la Germanie, Charles le Chauve reçoit le Royaume des Francs, Lothaire reçoit le territoire qui s’étend au milieu des deux autres. Après une période de trouble où Metz est ballotée d’un pays à l’autre, la ville tombe entre les mains de l’empereur germanique. Metz restera ainsi sous la souveraineté du Saint-Empire romain germanique pendant six siècles de 925 à 1552.

 

Avenue Foch Samedi en 8 Metz

L’avenue Foch à Metz en 1908, quartier impérial

 

Toutefois, l’empereur est loin et les liens avec l’Empire se desserrent. Metz est de fait une ville libre. Jusqu’au XIIIème siècle, la cité est dirigée par les évêques qui agissent en véritables princes souverains, et au XIIIème, les riches bourgeois s’emparent de la ville, devenant ainsi une importante cité oligarchique. Pendant cette période de grande prospérité, les visites de l’empereur sont peu nombreuses. Metz, ville indépendante, frappe sa propre monnaie, possède son armée et gère ses conflits. Il faudra attendre le XVIème pour assister à la fin de ce statut privilégié.

 

La ville, qui a perdu de sa grandeur, se retrouve au cœur du conflit opposant les deux plus grands souverains d’Europe, Henri II, roi de France, et Charles Quint, empereur germanique. En ouvrant ses portes à l’armée du roi de France, Metz ne pense pas encore perdre son indépendance. Mais Charles Quint veut récupérer Metz. En 1553, au terme d’un siège qui enferma quatre longs mois la ville derrière ses remparts, l’empereur Charles Quint finit par lever le siège. Mais la France profite de la présence de son armée pour s’installer définitivement. Metz perd ainsi son indépendance et sera rattachée au Royaume de France. Trois siècles et quatre siècles plus tard, le sort de Metz se joue à nouveau sur le champ de bataille. La ville est annexée une première fois de 1870 à 1918 et enfin de 1939 à 1945, pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, ces conflits semblent déjà loin. Grâce à l’Europe, allemands et français circulent librement sans crainte ni souci d’appartenance.

Sophie

Sophie

Website : www.etpourquoipasmetz.com

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