Godzilla : un blockbuster destructeur !

Cultur'all • 27 mai 2014
Godzilla le film

16 ans après le Godzilla de Roland Emmerich, le réalisateur britannique Gareth Edwards ne voulait pas faire un second Godzilla dans la catégorie nanarland. Ce qu’il entreprend est une longue étude des comportements humains face à une menace gigantesque mais floue. Caméra à l’épaule, il suit différents personnages, sans trop s’en approcher afin de ne pas permettre au spectateur de s’y attacher. Pas d’émotion, ça dégueulasserait l’écran. Et dégueulasser l’écran, c’est le travail de Godzilla ! D’ailleurs, le seul personnage « émotif » et prenant du film se trouve être Bryan Cranston (Walter White de Breaking Bad), un protagoniste qu’on voit peu au final. Il est le seul à même de comprendre l’impact dévastateur du monstre, le seul à déclamer, gravement : « Il pourrait nous faire retourner à l’âge de pierre. »

 

Bryan Cranston dans Godzilla

La mise en scène est superbe, les plans impressionnants, beaux et parfois statiques, de la même manière que Guillermo del Toro avait rendu compte des séquences d’action puissantes de son Pacific Rim. Même si le scénario a ses failles, parfois cocasses, parfois ridicules, il permet d’appréhender logiquement les réactions en chaîne de l’appareil militaire américain face à la menace du monstre. Par contre, Gareth Edwards « oublie » de s’appesantir sur les victimes (des milliers de morts, pas si grave !) et préfère filmer avec recul les buildings qui s’effondrent par dizaines. En face, l’humain n’est rien. La triste réalité, c’est que la chaîne alimentaire vient de lui jouer un mauvais tour, en direct à la télévision, et qu’il n’est plus de taille. Il n’est qu’une fourmi qu’on écrase sans s’en soucier, et Gareth Edwards, avec une froideur impressionnante, réussit à transmettre ce sanglant passage de flambeau darwinien.

 

Au final, Godzilla n’est pas le blockbuster qu’on attendait, celui qui allait nous impressionner par une orgie d’images peroxydées. Loin de se faire une place au sommet de l’entertainment hollywoodien, le britannique préfère raconter une histoire dans un format proche du documentaire neutre et glacial. Avec ce format, Gareth Edwards retranscrit avec brio l’impuissance de l’homme face à la nature.
 
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Jérémy de Cambodgie

Jérémy de Cambodgie

Sportif accompli (tennisman, footballeur et traileur), grand cinéphile et mélomane éclectique… Jérémy de Cambodgie chérit les Raffaellos, adore le fromage, raffole du saucisson et vénère la bière. Son Dieu : Quentin Tarantino, à mois que ce soit Charlie Chaplin. Hmmm...

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